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Une WEB-TV au centre Château-Landon

Le centre Château-Landon met à l’honneur les initiatives des jeunes. La Web TV du centre, misant sur l’autonomie des jeunes, nous est présentée par Éric Fusberg. ​​

Une immersion au coeur de la WebTV de Château-Landon​

Nous sommes en début d’après-midi, dans une des salles de musique de Château-Landon et nous rencontrons Éric Fusberg, initiateur du projet de WebTV, lancée sur Twitch en 2023.

La WebTV a pour but de réunir petits et grands autour d’un projet ambitieux et de qualité, qui donne envie de s’investir en appelant à la participation des jeunes du quartier.

Eric Fusberg, qui accorde une grande importance à l’éducation populaire et à l’accompagnement des plus jeunes, évolue au sein de l’association CRL10 depuis 2001. Après être passé par différents centres et différents postes, c’est à Château-Landon qu’il occupe la place de directeur aujourd’hui.

D’où vous est venue l’idée d’une WebTV ? ​​

Lors de ma formation pour devenir directeur, j’ai réalisé un mémoire sur le centre Château-Landon, au sein duquel se trouvait un diagnostic de quartier et du centre. C’est à ce moment-là que j’ai constaté que le centre était collé à un lycée, mais qu’il n’y a aucun élève de cet établissement dans le centre. Cela m’a interpellé, je me suis dit que ce qu’on proposait ne donnait pas envie aux jeunes et en arrivant, je me suis fixé comme mission de résoudre ce problème. Nous sommes quand même une structure jeunesse, même si l’on a des activités pour adultes et pour enfants.

En quoi consiste l’émission des New Talkers ? ​

Les jeunes sont souvent sur leurs téléphones – pas seulement les jeunes d’ailleurs – en train de regarder toutes sortes de choses. L’idée est d’inverser : au lieu de regarder, les jeunes vont créer du contenu. Ça doit être eux qui décident des sujets. S’ils ont envie de parler de sexe, de drogues, de politique, ils peuvent, il n’y a pas de sujet tabou. La seule chose à respecter c’est de ne pas rentrer dans le prosélytisme religieux, politique, etc. L’objectif c’est que ça soit les jeunes qui fassent tout : réfléchir, écrire l’émission, le format, ce sont aussi eux qui seront derrière les caméras, derrière la régie lumière, son, vidéo…

Comment se passe l’encadrement, avec des professionnels ? ​

Il faut effectivement un accompagnement technique, j’ai donc eu l’idée de confier ces tâches aux personnes de l’accueil, qui participeront à des formations pour être en mesure d’utiliser le matériel qu’on a acquis. Les agents d’accueil n’ont jamais de remerciement, j’avais donc pour idée de les valoriser autrement en les faisant notamment participer à ce projet. Un qui se charge de la phase d’écriture, un autre qui se charge de l’interview ou de la production et le troisième du direct. Chacun a son rôle.

Dans quel but avez-vous créé ce projet ? ​

Je suis le neuvième directeur en quatorze ans, il était nécessaire de trouver une cohésion d’équipe. Et je voulais trouver une idée qui puisse plaire aux jeunes. Dans l’idéal, je vise une participation à travers laquelle les jeunes n’auraient plus besoin de nous pour organiser un événement, qu’ils soient autonomes et qu’ils deviennent acteurs de leurs loisirs, de leurs vies.

Et sous quelle forme ? ​

Il faut effectivement un accompagnement technique, j’ai donc eu l’idée de confier ces tâches aux personnes de l’accueil, qui participeront à des formations pour être en mesure d’utiliser le matériel qu’on a acquis. Les agents d’accueil n’ont jamais de remerciement, j’avais donc pour idée de les valoriser autrement en les faisant notamment participer à ce projet. Un qui se charge de la phase d’écriture, un autre qui se charge de l’interview ou de la production et le troisième du direct. Chacun a son rôle.

Première émission des News Talkers, l’aboutissement du projet de WebTV. ​

Présentée par Laury, Junior et Calypso, cette première émission a traité d’un vaste sujet : la peur.

Par un tour d’horizon des choix stratégiques de la peur au cinéma, Calypso nous fait réfléchir sur les mécanismes du cinéma horrifique. Du film gore au film catastrophe, comment construire et mettre en scène la peur ?

Calypso nous propose aussi le visionnage d’une séance d’Urbex en reprenant les codes du found footage, ou « caméra emportée ». Technique que vous retrouvez dans des films comme Paranormal activity ou Blair Witch.

Le found footage, c'est comme si on filmait avec un caméscope ou un téléphone, on devient la personne qui film.​

Margot, stagiaire en psychologie, nous explique la peur comme un phénomène universel et réflexe psychologique. Dialogue très captivant qui nous apprend notamment qu’en psychologie, la peur est considérée comme un bouclier.

La peur, c'est le contrôle de quelque chose qui pourrait venir nous surprendre. ​​

Le tout finit par une remarquable improvisation du jeune pianiste Monsef. Sans oublier Germain derrière les caméras, Karamoko et Zéphyr à la régie, ainsi que Pablo et toute l’équipe de l’espace Château-Landon. Merci à eux !

Entretien recueillis par Ambre, anciennement en service civique au CRL10