Tous les articles

Rétrospective, 10 ans d’Escale

La couverture du livre restrospectif des 10 ans d'Escale sorti en juin 2023. Le visuel un dessin minimaliste, gris faites au crayon à papier.

Depuis 10 ans, Escale à la Grange aux Belles nous fait découvrir le photojournalisme émergent. Discussion avec la programmatrice du cycle et l’autrice du livre anniversaire.

Relater l’histoire du projet Escale, ses débuts, son évolution, ses participants, tel est le propos du livre « Escale à la Grange aux Belles – 10 ans ».

Mais c'est quoi Escale en réalité ?

C’est en premier lieu Camille Leboulanger décidant un jour de concrétiser son goût pour la photographie avec la volonté de la rendre accessible tous les publics, par le biais d’une association d’éducation populaire : le CRL10. Arrivée au sein de l’association en 2011 en tant qu’assistante puis en tant que chargée des projets culturels du centre Grange-aux-Belles, elle reprend, en réalité, un projet déjà existant, Escale, qu’elle remodèle à sa manière.

Une triple vocation au projet

Dès le départ, une triple vocation caractérise le projet : inviter des photographes à exposer leur travail, mettre en lumière des sujets de reportage peu visibles dans les médias, et rendre ces contenus accessibles à des publics variés. Au-delà de l’exposition photographique, il s’agit avant tout de créer un espace de discussion et de débat autour des expériences individuelles, afin de confronter les opinions.

Pour Camille, l’exposition « est clairement un moyen de rencontre des publics;», en créant un espace ouvert à tous et donc accessible à des personnes non-initiées à la photographie. Ainsi, ceux qui accompagnent leurs enfants au centre regardent les images et y réagissent, tout comme les enfants qui s’interrogent et viennent poser des questions. C’est une manière de « faciliter l’accès à ce qui leur est méconnu ou inconnu ». Dès lors, il ne s’agit pas seulement d’un travail abordant l’esthétique, mais permettant d’évoquer, par l’image, des thématiques très variées autour de pays, de cultures ou encore de langues très différentes.

À l’inverse d’une approche académique de la photographie, l’idée est d’ouvrir cette discipline à des publics qui n’auraient pas spontanément visité une galerie spécialisée, et leur permettre de s’exprimer et de se questionner sur ce qu’ils voient.
C’est aussi une occasion pour les jeunes photographes d’être accompagnés dans leurs travaux et d’avoir à disposition une salle d’exposition.

Un appel à candidature aux prémices d'escale

Chaque année est lancé un appel à candidatures, tout d’abord dans les milieux universitaires, scolaires, puis dans des environnements plus spécialisés en photographie. Camille se constitue alors un carnet d’adresses alimenté essentiellement par de jeunes photographes, et notamment des photojournalistes. Cela concerne essentiellement des personnes issues de la région parisienne, ou ayant un pied-à-terre à Paris ou dans les environs.

C’est ainsi que, chaque année et chacun leur tour, sept photographes exposent leur travail dans cette galerie improvisée au centre de la Grange-aux-Belles. Environ trente semaines d’ouverture au public par an, un mois par photographe, et donc un mois pour « organiser des rencontres avec différents publics et monter des projets », (Camille). L’exposition se présente alors sous forme d’une narration imagée autour d’un sujet et contée par le photographe, mais avant tout par ses clichés.

Escale part à la rencontre des publics

Ce projet a fini par être exporté hors les murs, notamment dans différents centres et écoles, où interviennent les photographes épaulés par des spécialistes sur des thématiques précises. L’objectif est dès lors d’échanger avec différents publics dans un travail de médiation. Camille relate notamment certaines expériences avec des scolaires, de la primaire au lycée, complétées par les interventions d’associations comme « Parole de Photographes ». Cela permet dans le même temps de faire découvrir des lieux aux publics. Elle évoque aussi une exposition hors les murs réalisée au centre d’hébergement Louvel-Tessier dans le dixième arrondissement, en partenariait avec Emmaüs Solidarité.

10 ans plus tard, une retrospective écrite

Dix années sont passées et c’est Anaïs Deschamp qui prend part au projet d’une tout autre manière : en écrivant un livre-anniversaire pour célébrer la première année d’Escale. Pour cette étudiante en master « Professionnels de l’écrit » à l’université Paris-Diderot et en apprentissage au CRL10, rédiger ce livre est un moyen de rendre hommage au projet et aux personnes qui l’ont porté. En vérité, cette idée de livre prend forme avant son arrivée au CRL10, notamment sur impulsion de Camille mais aussi de Frantz Guehl, responsable de la communication au CRL10.
Divisé en plusieurs thématiques, l’ouvrage met en lumière chaque photographe considéré individuellement par le choix d’une seule image photographique. Accompagnée d’une narration pour l’expliquer, l’image devient une histoire.

Entretien réalisé par Ambre, anciennement service civique au CRL10