Tous les articles

Les Anciens au service de la jeunesse

La photographie présente les membres de l'association les Anciens de la Grange aux Belles durant leur évènement "Les Olympiades du 10e" qui s'est déroulé en juillet 2023 et dont le CRL10 était partenaire

Photographie issue du compte Instagram des Anciens de la GAB

Agir au sein d'un quartier qui leur est cher, voilà l'objectif que se sont fixé les membre de l’association Les Anciens de la Grange-aux-Belles.

La Grange-aux-Belles, quartier du 10ème situé non loin du Canal Saint-Martin est un quartier à l’histoire tumultueuse. Jusqu’à peu désigné comme une Quartier Prioritaire de la Ville et récemment comme un Quartier en Veille Alternatif, la Grange-aux-Belles est malheureusement connue pour ses rixes. 

Les Anciens de la Grange-aux-Belles, c’est une association construite à l’initiative de quatre vieux amis : Nouha, le Président, AÏssa, la Vice-Présidente, Abderrahime, le secrétaire général et Brahim, le trésorier. Bien qu’aujourd’hui adultes, pères et mère de famille, les membres de cette jeune association ont tous les quatre grandi au sein du quartier.

Vendredi 31 mars, nous avons rencontré Nouha et Brahim pour qu’ils nous parlent de leurs projets.

Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Nouha : Oui, on est né dans le même quartier.
Brahim : Sauf que Nouha était originaire du quartier Grange-aux-Belles et moi je venais de la rue Saint-Maur, après l’Hôpital Saint-Louis. Mais c’est pareil parce que c’est le collège et le club de foot de Paris 10 qui a construit nos amitiés.

Qu’est-ce qui vous a poussé à monter l’association des Anciens de la Grange- aux-Belles ?

Brahim : On a grandi ici et pourtant on n’a jamais été au cœur des associations qui organisaient des événements sur le quartier ou dans les alentours. Mais ces deux dernières années, on a été initiateurs et accompagnateurs de certains événements qui ont été organisés sur la Grange-aux-Belles.

Nouha : Quand il y avait des rixes, nous étions obligés de nous déplacer. Donc à partir de là, on a commencé à mettre en place des événements pour rassembler. Parce que, quand il y a des problèmes, c’est bien de mener des actions : on se voit, on discute. Donc nous organisions des tournois, des événements, pour la fête de la musique par exemple, on organisait aussi des repas, mais sans subvention, sans don, chacun donnait un peu, isolément, en dehors de tout statut associatif.

Brahim : Du coup, on s’est dit pourquoi pas essayer de créer notre propre association et de faire des événements dans le quartier pour que tout le monde puisse en bénéficier. Puisqu’on arrivait à rassembler malgré le fait qu’on ne soit pas sous le nom d’une association, l’idée était de continuer dans cet élan, sous une forme juridique structurée.

Quel sera votre premier projet ?

Nouha : On est beaucoup dans le sport et dans la musique, toutes disciplines et styles confondus. Et comme bientôt, en 2024, il y a les Jeux Olympiques, le monde entier va venir sur Paris. Alors en regardant les infrastructures du 10ème, on s’est dit que si c’était bien organisé on pourrait faire des minis-jeux olympiques, pour marquer le coup.

Brahim : L’idée c’est de rassembler comme on l’a toujours fait, du plus jeune au plus vieux, et de faire un petit coup de projecteur sur le quartier, pour le rendre attractif

Et ensuite ?

Nouha : Jeux, scènes ouvertes, tournois de foot, sorties avec les personnes qui ne peuvent pas aller en vacances… Nous aimerions aussi mettre en place des activités avec la maison de retraite qui jouxte le stade.

Brahim : À chaque fois, on crée des événements sans les faire participer, on aimerait bien qu’ils en profitent également.

Nouha : On prend de l’âge, on commence à prendre conscience de certaines choses qu’on ne comprenait pas étant jeunes. À l’heure actuelle, nous sommes parents, nous n’avons plus la même vision qu’auparavant. Nos parents n’étaient pas vraiment actifs, ils ne savaient pas parler la langue française, nous ne voyons pas les choses de la même manière qu’eux. Pour eux, c’était : « tu rentres à la maison, tu ne fais pas de bruit ». Alors que nous, nous savons qu’à la maison, tout le monde se comprte correctement, c’est une fois dehors que les choses peuvent se compliquer… Qu’est-ce qu’il se passe à l’école ? Qu’est-ce qui se passe dans ton club ? Si tu fais du sport, des ateliers de musique… C’est là que nous souhaitons agir, à l’extérieur.

On sait que le quartier de la Grange-aux-Belles est un quartier à rixes, comment pensez-vous agir sur ces tensions ?

Brahim : À travers toutes les activités qu’on va mener. Déjà on voudrait utiliser la scène, peut-être à l’espace Jemmapes, ou à travers le foot. Mais ce qu’on va essayer de proposer, c’est avant tout du suivi. « Est-ce que tu vas encore à l’école ? Qu’est-ce que t’aimerais faire plus tard ? Nous aussi on peut t’accompagner à travers notre expérience ». Parce qu’on a des expériences différentes, chacun à son métier. Ça fait 20 ans qu’on exerce dans un certain secteur d’activité. Si c’est quelque chose qui te plaît, on va essayer de t’orienter. Si on a des contacts, on peut essayer de t’aider. Si c’est le sport, on va essayer de te proposer des formations. Cela peut aussi être dans le domaine artistique, cela peut être dans le monde de la comédie, du cinéma, être acteur, je sais pas. Aujourd’hui il y a plein d’opportunités. dont nous n’avons pas bénéficiées à l’époque.

Nouha : Nous avons remarqué que plus il y a d’événements et plus on contribue à la vie sociale du quartier, moins il y a de problèmes.

Entretien réalisé par Nausicaa, anciennement service civique au CRL10