Engagement à la mairie du 10ème. Léa Vasa, élue en charge de la propreté, de l’économie solidaire et de la trajectoire zéro-déchet décrit les principaux projets menés dans le 10ème en faveur de l’environnement.
Élue depuis 2014 et adjointe à la mairie du 10ème, Léa Vasa est aujourd’hui également élue au conseil de Paris. Durant le dernier mandat, elle était chargée du climat et de l’économie sociale et solidaire.
Depuis quelques années, la mairie du 10ème arrondissement développe une nouvelle manière d’appréhender la croissance et le développement de nos sociétés, afin de modifier nos modes de vie et nos modes de consommation. Ainsi, différents projets ont été portés par la Mairie, les associations et autres acteurs locaux.
Les quartiers zéro-déchets de la Grange aux Belles et Buissons-Louis, qu'est-ce-c'est ?
Avant de lancer le projet dans les quartiers Grange-aux-Belles et Buisson-Louis, on a eu l’idée de faire une rue zéro déchet rue de Paradis. Ça n’avait pas mal marché donc on l’a diffusé un peu partout dans Paris, mais ça ne prend pas toujours aussi bien.
L’idée était de mener un test d’une année dans un quartier en mettant d’abord en place tous les moyens dont on disposait pour réduire les déchets, puis pour mieux recycler. On bosse avec les écoles, le grand public, les bureaux, les commerces… et avec chacun de ces acteurs, on élabore un programme de travail en fonction de ce qu’ils ont envie de faire. On avance au fur et à mesure, en commençant par des choses simples pour réduire ses déchets, puis vers des choses plus compliquées. Par exemple, la base est d’aider à mieux trier les déchets alimentaires. La ville dispose de nombreux outils à ce sujet, donc c’est assez facile de distribuer, d’informer et de mobiliser des habitants pour créer des nouveaux collectifs. Mais après, on peut mettre en place des animations, comme pour apprendre à faire soi-même ses produits ménagers en utilisant des produits en vrac, avec moins d’emballages, qui coûtent moins cher, qui sont meilleurs pour la santé… Nous privilégions une méthode par la sensibilisation…
Et Ménage ton Canal, qu’est-ce que c’est ?
Ménage ton Canal, c’est un projet autour des déchets. Le canal Saint-Martin est un lieu de fête le soir et il y a donc eu des périodes où c’était très sale les vendredis, samedis et dimanches parce que tout le monde venait pic-niquer, faire la fête pour finalement abandonner ses déchets. Il y avait même un jeu qui consistait à jeter ses déchets le plus loin possible dans l’eau. L’objectif était donc de se réapproprier un peu cet objet environnemental et se dire que plus on en prend soin, plus on peut en profiter. On a fait tout un point autour de la biodiversité, de la baignade dans le canal Saint-Martin. Donc voilà, Ménage ton Canal, c’est une grande collecte de déchets participative et on a recommencé en 2023, au début de l’été.
Pourquoi sensibiliser à la question des déchets est aussi important ?
Aujourd’hui, le principe est simple, c’est de pouvoir continuer à vivre avec des ressources limitées et donc d’apprendre à les gérer collectivement. La question des déchets est la poursuite de cette problématique, parce qu’elle est typiquement un « commun négatif » que l’on jette et que l’on oublie. On ne se rend pas compte de l’impact de nos déchets sur le dérèglement climatique et sur les pollutions. C’est tout notre mode de consommation et de vie qui peut être questionné avec le seul et simple sujet des poubelles.
Selon vous une ville peut-elle être verte ?
Il est possible de limiter les dégâts. La ville peut s’adapter à certains impacts, mais en ce moment on voit que Paris est face à des défis assez immenses, par exemple potentiellement des vagues de chaleur de 50°C, que l’on ne sera peut-être pas capables de gérer. Pourtant c’est probable dès cette année que ça arrive. Le fait qu’une ville se situe à un certain niveau de densité peut être bénéfique parce qu’on a besoin de moins se déplacer. Malheureusement, à un tel stade, il devient impossible d’être vertueux. Les modes de vie des urbains sont assez consommateurs. La ville durable n’est pas encore à notre portée. Elle pompe toutes les ressources qu’elle a autour d’elle et en fait, étant déconnectée des cycles naturels, il y a quelque chose d’assez intrinsèquement contradictoire avec la prise de conscience qui nous montre que nous sommes dépendants de notre environnement. Si nous sommesuniquement entourés de commerces, on peut faire des choix, mais qui demandent un effort conséquent que la plupart des gens ne sont pas prêts à faire, par manque de connaissance d’abord, mais aussi par manque de temps, de praticité et d’argent. C’est aussi le rôle de l’État d’organiser cet environnement de vie et de consommation pour qu’il soit plus facile de faire ce genre de choix.
Entretien réalisé par Nausicaa, anciennement service civique au CRL10