Responsable de projets de développement durable et de lien social à la Régie de Quartier du 10ème, Laura Sylvestre nous en parle.
La Régie de Quartier, ou Maison du Canal, existe depuis 2009 et a été créée à l’initiative d’habitants, de bailleurs sociaux et de la mairie du 10e arrondissement. Laura Sylvestre, responsable de projets de développement durable et du lien social au sein de la Régie de quartier nous parle des missions et projets de sa structure.
C'est quoi la régie de quartier ?
Une de nos plus grandes valeurs à la Régie, c’est de toujours penser des projets autour du développement durable et de la solidarité.
L’insertion par le travail est la base de la Régie. On fait de l’accompagnement « simple », où on aide par exemple les personnes à s’enregistrer pour une demande de logement, on les accompagne sur les plateformes… On essaie d’être le plus souple possible, de répondre aux besoins des habitants et de travailler en partenariat. Parce que l’intérêt de ces quartiers, c’est qu’il y a une dynamique globale et commune qui permet de travailler ensemble et de mettre nos projets en commun au lieu de faire des petits projets à droit à gauche.
Mais la Régie est aussi en charge de la question du développement durable. Pour ma part, je fais beaucoup de sensibilisation auprès des bailleurs. Je fais le tour des habitations, je vais en pied-d’immeuble et je parle du tri, des écogestes… Je mène beaucoup d’opérations de concertation, d’enquêtes auprès des habitants, d’événements…
Quand tu fais des projets de sensibilisation, comment ça se passe ?
Soit je fais des porte-à-porte, je vais voir comment les gens font, je pose des questions, pour savoir comment ils se positionnent par rapport à l’environnement. Généralement, tout le monde fait un petit peu. Quand quelqu’un me dit qu’il n’a pas envie de s’impliquer, peut-être qu’il trie déjà le verre et le carton, ce qui n’est pas rien, il ne jette pas ses cartons par-dessus la fenêtre !
Ça peut aussi être des pieds-d’immeubles. La dernière fois, nous faisions la promotion des éco-gestes : comment est utilisée l’eau ? Est-ce les enfants savent qu’il faut couper l’eau du robinet quand on se brosse les dents ou qu’on se lave les mains ? Des trucs tout bêtes qui doivent faire partie des mœurs et qu’on essaye de continuer à faire intégrer au-delà de l’école. Parce que pour faire agir les adultes, ça passe aussi par les enfants. Il faut que les enfants apprennent et montrent à leurs parents.
Comment est reçue la problématique du développement durable par les habitants ?
On essaie de l’intégrer, parce qu’on n’est jamais parfait, on travaille même au sein de la Régie auprès de nos salariés en insertion et de nous-mêmes. C’est à tout un chacun de faire sa part, on ne peut pas moraliser les gens mais on essaye de faire le mieux possible. On ne peut pas être parfait du jour au lendemain, on fait doucement germer, on discute. Les gens, les modes de vie, les comportements peuvent changer. Ça prend du temps, il faut d’abod inspirer la confiance, tout n’est pas gagné du jour au lendemain.
Vous faites quoi d’autre ?
On référencie aussi toutes les actions autour du développement durable dans le quartier, pour avoir une vision d’ensemble. Je suis référente sur ces questions, donc je dois aller rencontrer toutes les associations, voir ce qu’elles font et les accompagner.
Il y a aussi la question du compost dans le 10ème, qui n’est pas forcément évidente parce que les listes sont tellement remplies, il n’y a pas assez de composts… Léa Vasa m’avait parlé d’un projet porté avec d’autres arrondissements consistant à faire des lieux d’apport volontaires de compost… Enfin voilà ! Il faut des locaux, des moyens et beaucoup de volonté.
On est aussi dans l’accompagnement de service ponctuel. On essaie d’adapter le projet en fonction des demandes.
Entretien réalisé par Nausicaa, anciennement service civique au CRL10