Aujourd'hui, rencontre particulière et intrigante avec un rappeur masqué pour démasquer ses ambitions, ses convictions et ses pensées...
Paro XX est un rappeur du 20ème arrondissement de Paris. Rappeur qui cherche essentiellement à travailler sur ses placements et sa technicité.
Peux-tu te présenter rapidement ?
Paro XX vient remettre un peu de réalité, il n’est pas conformiste, je ne suis pas là pour jouer le mec de la rue ni le bon moralisateur. C’est un univers unique Paro XX. Un état d’esprit.
Quelles sont les influences du nom Paro XX ?
Paro peut signifier la parano, mais aussi le paroxysme, c’est un slang de rue que tout le monde connaît quand on vient du quartier. Tu peux aussi l’interpréter, ça bouge.
Comment est né Paro XX ?
En 2017 a eu lieu la rencontre avec l’état d’esprit Paro XX, ça a été une révélation. C’est un état d’esprit qui est venu à force de travaille. Il y a quelque chose qui s’est passé, comme un momentum. Les choses se sont imbriquées, il y a eu une symbiose et c’est ce qui a formé Paro XX : un rappeur qui maîtrise sa technique et sa rythmique, qui peut poser sur tous les styles, tous types d’instrus. Tu peux retrouver Paro XX sur du jazz bernaire – qui est très technique, qui se situe entre le binaire et le ternaire – mais aussi sur de la trap music.
As-tu toujours fait de la musique ? Comment as-tu commencé ?
J’ai toujours rappé même si la rencontre avec l’état d’esprit Paro XX s’est faite tardivement. Aujourd’hui, j’estime que le passé est une histoire révolue, une histoire qui n’a plus d’intérêt ni de sens, maintenant on est passé à autre chose.
Paro XX, c’est un état d’esprit sans passé et sans avenir. On est dans le présent et on fait ce qu’on a faire.
Qu’est-ce qui t'a poussé vers Paro XX ?
Paro XX c’est une voix, il y a un truc mystique dans cet univers. J’avais totalement arrêté de aire de la musique, et je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose qui m’a poussé à revenir dans ce milieu. Ce qui est beau avec Paro c’est que je n’ai pas l’impression de revenir mais de venir : c’est une nouvelle fraîcheur. Ce n’est pas un come-back, ça n’a rien à voir avec ce que je faisais avant.
Comment caractériserais-tu ton style ?
Je fais du rap français, mais surtout je suis un rappeur qui rappe. Mais je n’ai pas envie de le caractériser. Je vais donner mon projet et les gens en feront ce qu’ils veulent, me feront leurs propres retour… Je ne veux pas imposer un style. En ce qui concerne mon nouveau projet, on est très moderne, pas trop old school : c’est de la trap et de la drill donc on est dans l’air du temps.
Ton artiste préféré actuel ?
Il y a un beatmaker qui s’appelle Madlib qui est incroyable. Il a bossé avec J dilla et Mf Doom. J’écoute beaucoup de musique instrumentale, mais aussi un peu tout ce qu’il y a avec l’équipe de Griselda Records, label américain. En France, il y a les rappeurs Alpha Wann et Nekfeu. J’écoute aussi monsieur Vald et je me dois de citer Jazzy Bazz. On a de la chance d’avoir un tel panel. En jazz je suis un fanatique de Robert Glasper, pianiste incroyable, et toute l’école wave dave East.
L’artiste qui t’a marqué ? Qui t’a donné envie de faire de la musique ?
Il y en a beaucoup, le label Stone Throw regorge d’artistes qui m’ont inspiré. MF Doom c’est le père spirituel de Paro XX pour plein de raison. Pour les gens qui ne connaissent rien au rap underground c’est quelqu’un à ne pas manquer ! Un artiste britannique qui a ensuite bougé aux Etats-Unis. Il portait un masque donc on voit tout de suite à quel point il a influencé Paro XX.
Quelles sont tes influences musicales, tes inspirations ?
J’ai une influence plus anglophone, ça se voit au niveau de la topline, du phrasé qui est très influencé. Je suis un vrai mélomane qui écoute de tout. Je suis inter style même si je suis essentiellement afro musique : rap, soûl, jazz. C’est ce qui me fait kiffer.
Comment se passe la création ?
J’ai réalisé le montage de mon premier clip, « Grande flûte ». Je fais un travail de graphisme, de design et j’ai réalisé mon propre logo.
Le masque est aussi une création artisanale. Il est fait à la main avec une artiste plasticienne. Je suis allé voir un lunetier, ça a été un travail de fou. Ça reflète le travail de Paro XX : du travail acharné et accompagné.
Pourquoi ce masque ?
Ce qui est important est qu’il n’y ait pas d’image. Je ne suis pas là pour représenter un camp, une ethnie, une couleur : Paro XX c’est tout le monde. Le 20ème arrondissement m’a transmit cette diversité. Paro XX masqué c’est qui tu veux, c’est tout le monde. Paro XX c’est un artiste qui fait de la musique. Ce qui m’intéresse c’est que les gens bougent la tête.
Tout seul, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin.
Entretien réalisé par Nausicaa, anciennement service civique au CRL10