À la suite de l’attentat de Suruç, le 20 juillet 2015, la trêve entre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et l’armée turque a été rompue. Progressivement la branche urbaine du groupe séparatiste kurde sort dans les rues.Les militants défient alors le pouvoir turc en érigeant des barricades et en creusant des tranchées dans les quartiers qui leur étaient acquis. Face à cette situation, l’armée impose des couvre-feux puis lance des opérations militaires d’envergure. Le 2 mars 2016, les 120 000 habitants de Cizre, majoritairement kurdes, regagnent leurs domiciles, qu’ils avaient quittés mi-décembre 2015. Ils découvrent alors un champ de ruines et cherchent tout au long du mois à reprendre possession des lieux. Selon le Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), au moins 167 civils ont été tués à Cizre.
Après 10 années dans le développement et la santé publique, Jan Schmidt-Whitley suit la formation en photojournalisme à l’EMI-CFD à Paris. Il entame à partir de 2015 un travail sur les bouleversements qui traversent la société turque, en s’attachant notamment à la question kurde et aux mécaniques de déstabilisation qui touchent la société civile. Il développe un intérêt particulier pour les questions sociales et les aspirations des peuples, turc, français (les mouvements sociaux de 2015, Nuit debout, la crise des Gilets jaunes…) ou des Balkans, notamment kosovar. Depuis 2020, il entreprend un travail documentaire au long cours sur la diaspora du Bélarus en France, en Lituanie, en Pologne ainsi qu’en Ukraine.












