Sous l’Empire ottoman, de jeunes hommes appelés zenne pratiquaient la danse du ventre. Alors que les femmes ne pouvaient se produire devant des hommes, eux occupaient une place centrale au Palais de Topkapi et animaient les tavernes de Constantinople.
Mais leur succès finit par déranger et en 1837, le sultan interdit cette pratique. Depuis une dizaine d’années, cette tradition renaît et cela malgré un pouvoir hostile aux identités queer.
À Ankara, la photographe a suivi Uzay, Zahmer et Emirhan, qui se produisent dans les meyhane et les clubs de la capitale. Leur danse reflète une manière d’exister pleinement, loin des attentes sociales. Sans revendication explicite, leur simple présence questionne. Brouillant les frontières entre masculin et féminin, entre tradition et modernité, les zenne incarnent, à leur manière, un avenir possible où chacun peut trouver sa place en dehors des assignations rigides.
clairecorrion.com
En partenariat avec l’association Acort.
Photographe documentaire entre la France et la Turquie, j’ai commencé en tant que journaliste en presse écrite et racontais alors des histoires en mots. Avec la photographie, ces histoires ont pris une nouvelle dimension et j’aime l’idée de poser mon regard sur un sujet qui souvent racontera la marge. Les thèmes que j’aborde et les rencontres que je fais m’amènent à me questionner et m’apprennent beaucoup. A travers mes images, j’espère susciter des réactions et des réflexions.





